Chers amis, le 16 janvier a eu lieu le premier salon littéraire consacré aux récits humoristiques de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Nous avons pris pour exemples des écrivains célèbres et des humoristes/satiristes tels qu’Arkadi Averchenko, Sasha Cherny, Nadezhda Teffi et Mikhaïl Zoshchenko.

Le début du XXe siècle a été marqué par des changements sociaux et politiques importants. La littérature de cette époque reflétait activement ce qui se passait dans la société civile : conflits, morale et chocs culturels.

Dans ces conditions, la satire est devenue l’outil principal pour ridiculiser les « distorsions » dans les phénomènes sociaux et pointer les problèmes émergents. Des périodiques ont commencé à se spécialiser dans la publication de récits courts et de prose journalistique. Parmi eux se trouvait le magazine « Satirikon. »

Cette période peut être sans exagération qualifiée de l’apogée de la littérature russe. L’humour est devenu non seulement un divertissement mais, surtout, un moyen de prendre conscience et de critiquer la réalité environnante.

Sasha Cherny : Maître de la poésie satirique

« Manière étrange de se dépêcher tout en restant sur place. » Sasha Tchiorny
Sasha Tchiorny (vrai nom – Alexandre Glickberg) était l’un des poètes les plus brillants du mouvement satirique du début du XXe siècle. Il collaborait activement avec des magazines comme « Satirikon » et « Nouveau Satirikon. »

Dans ses œuvres, l’auteur se moquait souvent des faiblesses humaines, des défauts sociaux et de l’hypocrisie. Il abordait fréquemment des thèmes urbains, critiquant la bureaucratie et la vie citadine.

En plus de ses écrits pour adultes, il écrivait aussi des histoires pour enfants, où il capturait avec une grande précision l’ingéniosité et l’esprit des enfants. Après avoir quitté la Russie pour la France, il était de plus en plus convaincu que la maison, l’eau et le pain étaient plus délicieux.

Nadezhda Teffi : Satire et humour féminin

« Le bonheur ne tombe pas non plus tout seul dans les mains. Il faut savoir comment le saisir. Et tout le monde le voudrait, mais tout le monde ne peut pas. » N. Teffi

Nadezhda Teffi (vrai nom – Nadezhda Lokhvitskaya) était l’une des humoristes les plus populaires de l’Âge d’Argent. Ses récits étaient fréquemment publiés dans le magazine « Satirikon. »

Dans ses œuvres, Nadezhda se moquait des petites choses de la vie quotidienne et des situations absurdes. Teffi savait trouver le comique dans les moments quotidiens en utilisant un humour doux mais précis.

Elle abordait aussi le thème de l’enfance. Son histoire « Kishmish » montre toute la « tragédie » de l’âme d’un enfant incompris. La petite fille rêvait de devenir « sainte » et posait des questions parfaitement logiques pour un enfant (« Faut-il prier pour un bandit lorsqu’il va en pillage ? »), mais les adultes ne faisaient que soupirer et rêver de l’envoyer à l’institut.

Arkadi Averchenko : Roi du rire

« La mémoire humaine est une machine très étrange, qui fonctionne presque toujours par intermittence… » A. Averchenko

Arkadi Averchenko était le principal satiriste du magazine « Satirikon » et a obtenu la reconnaissance grâce à son esprit aigu et à son style brillant. C’était le roi non couronné du rire.

Dans ses œuvres, Averchenko ridiculisait les vices humains, la bureaucratie et divers problèmes sociaux. Il représentait magistralement des situations absurdes et des conflits entre les individus.

Mikhail Zoshchenko : Satire de la réalité soviétique

« Récemment, Yegorka Basov s’est marié. Il a pris une grosse femme, qui pèse environ 5 puds. Vraiment un homme chanceux. » Mikhaïl Zoshchenko

Mikhaïl Zoshchenko était l’un des principaux satiristes de l’époque soviétique. Dans ses récits sur la vie dans les années 1920-1930, il critiquait la bureaucratie soviétique et les absurdités du système étatique.

Zoshchenko ridiculisait l’absurdité de la bureaucratie soviétique, les non-sens quotidiens et la crise de la personnalité humaine dans le nouveau système social.

Comme Teffi et Sasha Cherny, Zoshchenko abordait aussi le thème de l’enfance, cherchant à être « éducatif » dans ses récits pour les jeunes lecteurs.

La créativité de nos lecteurs. Brigitte Merle : « Il faut attendre »
Un plombier vient chez moi pour réparer le robinet.
Il s’arrête et dit :
– J’ai oublié mon marteau. Je devrai revenir demain.
Le lendemain, il revient encore. Il entre et commence à travailler, mais soudain il s’arrête et dit :
– Je n’ai pas la vis de la bonne taille. Je reviendrai demain.
Le lendemain, il a oublié de se changer, puis il a appelé pour « m’annoncer » qu’il était en congé maladie jusqu’à la fin de la semaine. Il faut attendre.