Pour le titre de ce blog, j’ai choisi un vers d’un poème dédié à la mémoire de Moussa Djallil, écrit par notre compatriote Maria Alkova. Avec l’autorisation de l’auteur, je publie le poème dans son intégralité.

Ses vers ne sont pas que des rimes,

Pas seulement des images ou des mots.

Dans chaque son, on entend un cœur,

C’est tout un chapitre de vie!

Et ce mot, en sauvant une vie,

Soutenait les proches jusqu’au bout!

Possédant une force invisible,

Il était un pilier pour le soldat!

Soutien de l’esprit pour tous ceux qui l’entourent,

Son vers résonnait comme un salut.

Avec son regard calme et paisible,

Il apaisait l’âme par ses mots!

Et ce mot était une volonté,

Qui donnait aux gens la force

De lutter courageusement contre un sort cruel,

Il leur a offert l’espoir!

Et cela soulageait l’ami,

Et peut-être pour la dernière fois

Il se réjouissait à nouveau de la rencontre

Avec l’éclat de ces yeux braves et vaillants!

Ses vers ne sont pas que des rimes,

Pas seulement des images ou des mots

.

Dans chaque son, on entend un cœur,

C’est tout un chapitre de vie!

Bien que le soleil se fît rare,

Et que la mélancolie et la douleur serraient la poitrine,

Le chant contenu dans les lignes éclairait

Le chemin difficile des camarades!

Cette année marque une date commémorative : le 120ème anniversaire de la naissance du grand poète tatar et Héros de l’Union soviétique (à titre posthume), Moussa Djallil. Il est né le 15 février 1906 dans le village de Moustafino, dans la province d’Orenbourg, au sein d’une famille paysanne tatare. Adolescent, il commence à écrire des poèmes dans sa langue maternelle et, dès 1919, à l’âge de 13 ans, sa première publication paraît dans le journal « Kyzyl Yulduz » (« Étoile Rouge »).

Dans les années d’avant-guerre, il a d’abord étudié. Son voisin de chambre s’est avéré être Varlam Chalamov, qui a publié en 1972 le récit « Moussa Zalilov ». Moussa Djallil était le prototype du personnage principal. Après ses études, Moussa travaille comme rédacteur pour des magazines pour enfants tatars, écrit et publie.

Il part à la guerre en 1941 en tant que correspondant de guerre et instructeur politique. En 1942, le poète est blessé et fait prisonnier. En captivité, il rejoint un groupe de légionnaires et crée une organisation clandestine. Parcourant les camps de prisonniers de guerre sous prétexte de recruter des artistes pour une chorale, il recrute de nouveaux membres. En 1943, une partie des combattants se soulève et rejoint les partisans biélorusses. Un traître a dénoncé Moussa Djallil. Lui et ses camarades furent incarcérés à la prison de Moabit.

Son compagnon de cellule était le patriote belge André Timmermans. André ne parlait pas russe, et Moussa ne parlait pas français. La communication entre eux se faisait à l’aide de dessins, de gestes, ainsi qu’avec l’aide d’un prisonnier polonais qui comprenait le russe et l’allemand. Moussa écrivait ses poèmes sur des bouts de papier. Peu avant son exécution, le poète confia ses cahiers à Timmermans et lui demanda de les envoyer dans sa patrie, ce que ce dernier fit.

La vie de Moussa Djallil fut courte mais d’un éclat éblouissant. À 38 ans, le 25 août 1944, Moussa Djallil a été exécuté dans la prison de Plötzensee à Berlin. Constantin Simonov a joué un rôle majeur dans la réhabilitation du nom de Moussa Djallil ; il a personnellement rencontré Timmermans et a recueilli son récit.

Des natifs de la République du Tatarstan étaient présents au salon littéraire. Ils ont partagé leurs impressions et leurs souvenirs d’enfance, lorsqu’ils ont découvert pour la première fois l’œuvre de ce grand poète. Toutes les personnes intéressées n’ont pas pu se rendre à la Maison Russe ce jour-là. Pour qu’elles ne manquent pas l’événement, préparé avec un soin particulier en recherchant des informations sur Moussa Djallil lui-même ainsi que sur le Belge nommé André Timmermans, il a été décidé de connecter les participants via Zoom. Malheureusement, trop peu d’informations ont été trouvées sur André.

Si certains possèdent des informations sur ce patriote, n’hésitez pas à nous écrire. Nous les transmettrons avec plaisir à ceux qui s’intéressent à la lutte du peuple belge contre les envahisseurs fascistes.

À bientôt lors de nos prochains salons littéraires.