Lentement, « La saison mélancolique ! L’enchantement des yeux ! » s’est glissée, apportant avec elle des échos de « tempête intérieure ». Et qui, sinon des amies, pourrait dissiper la mélancolie automnale ? Dans l’agitation quotidienne, chacune se pressait comme elle pouvait. Certaines couraient depuis une réunion importante, d’autres se hâtaient depuis le marché, certaines prenaient même le métro dans la mauvaise direction, et l’une d’elles attendait un plombier chantant des tubes italiens.
En fait, lorsque notre amie s’inquiétait de manquer le plombier, elle ignorait encore son talent et nous l’a révélé plus tard. Comment ignorer une telle sensation : un plombier qui chantait en italien en travaillant ?
Les images défilaient comme en mode accéléré, les minutes s’écoulaient irrémédiablement…
Mais… toutes se sont retrouvées ! Et… quelle mélancolie ? Elles parlaient de tout, sans qu’aucun sujet ne reste sans écho dès l’entrée. Aujourd’hui, elles parlaient surtout de la continuité générationnelle, des vieux bons films et de la fugacité du temps. Elles partageaient leur désir de préserver et de multiplier ces vérités simples, revivifiées par le cinéma depuis des décennies, et comment elles aident chacune à ne pas oublier l’essentiel dans le rythme moderne de la vie.
La pratique de la « Roue de l’équilibre » montrait qu’à beaucoup manquait la réalisation de soi après un déménagement. Pour l’instant, il y a plus de questions que de réponses dans ce domaine. Mais les amies se sentaient le plus à l’aise aujourd’hui en compagnie — non seulement de leur famille, mais aussi de celles qui se sont retrouvées dans leur club, prêtes à partager d’un côté leur expérience, et de l’autre — leurs souvenirs. Ne pas tomber dans l’abîme, mais marcher sur un pont, en trouvant chaque jour des points de soutien.
« Il n’y a qu’un instant entre le passé et le futur, cet instant s’appelle « la Vie » »—chaque femme sentait cette pensée dans son esprit. Inspirées, les amies, « à la démarche assurée », sont parties vivre cette Vie : faire des projets (y compris communs) autour d’un café parfumé de la boulangerie voisine, partager des impressions sur les événements passés et les rencontres à venir… Jusqu’à ce qu’il ne reste que quelques minutes avant la prochaine réunion dans le « club ».

J’écris ces lignes, et soudain des souvenirs m’envahissent d’il y a presque 35 ans, quand je naviguais avec ma grand-mère sur un bateau. Le voyage durait quatre semaines. Il y avait un Salon de lecture sur le bateau. J’adorais y passer du temps. Outre les livres, la bibliothèque possédait un piano, et de magnifiques vues sur la Volga se dévoilaient des deux côtés des fenêtres. Je m’asseyais dans un fauteuil en imaginant que, un jour, moi aussi, je serais assise comme ces adultes, avec un air important, dans un tel salon, discutant avec sérieux. Je me souviens que j’adorais dessiner les églises au coucher du soleil. Elles m’impressionnaient tellement, baignées par les rayons du soleil couchant. J’adore encore observer les bateaux, les lumières sur l’eau et sur les rivages. J’ai toujours une curiosité en passant : quelle vie se déroule sur le bateau en face…
Podruzhka Oxana


