À la demande insistante des participants et des amateurs de lecture expressive, notre espace a accueilli pour la deuxième fois le masterclass d’Ivan Kokorin — un homme qui sait non seulement lire un texte, mais aussi transformer des lignes familières en un véritable petit événement scénique. On pourrait croire qu’il ne s’agit que d’une répétition, mais l’atmosphère fut encore plus dense cette fois-ci, et l’énergie nettement plus vive.

Cette fois, Ivan a choisi d’analyser les vers d’« Au bord du chêne magique » — un texte que chacun se rappelle de l’école. Mais c’était justement son intention : montrer comment des mots connus jusqu’à l’usure peuvent retrouver fraîcheur, profondeur et même un parfum d’intrigue.

Ce qui a particulièrement réjoui, c’est que l’atelier a réuni non seulement ceux qui avaient déjà assisté à la première séance, mais aussi leurs amis, collègues et connaissances. Certains sont venus « transmettre leurs impressions », d’autres « vérifier de leurs propres yeux », et d’autres encore simplement parce qu’ils avaient entendu dire : « Cela vaut vraiment la peine d’être vu. » Et, de l’avis de beaucoup, les attentes ont été entièrement comblées.

Pas à pas, Ivan a démontré comment la perception du public change lorsque les accents sont placés au bon moment, que le rythme est légèrement ralenti, ou qu’une idée importante est soulignée d’un regard ou d’une pause. Il révélait comme des leviers invisibles qui font que la salle cesse simplement d’écouter pour commencer à participer — anticiper, deviner, attendre la suite.

Il a accordé une attention particulière à l’art de « maîtriser l’air » dans la salle — un savoir rarement évoqué mais essentiel pour transformer une lecture sèche en véritable performance. Une légère tension avant une phrase clé, un sourire discret, une pause bien choisie — et déjà le public se penche en avant, de peur de manquer la prochaine intonation.

Les participants ont souligné que les cours d’Ivan ne concernent pas seulement la technique de lecture. Ils parlent d’interaction avec les gens, de la capacité à ressentir l’atmosphère, à anticiper les réactions. Et surtout, ils apprennent à redonner vie à des lignes que beaucoup connaissent par cœur, mais ne ressentent plus profondément.

L’atelier s’est ensuite prolongé dans la salle d’exposition, où les discussions se sont poursuivies, les impressions échangées, et où certains ont même essayé leur propre version de la déclamation du même texte. La conversation a duré plus longtemps que prévu — personne n’était pressé de partir.

À en juger par les retours, les photos et les discussions animées après la rencontre, on peut affirmer sans hésitation : Ivan Kokorin est un maître rare que l’on souhaite entendre encore et encore. Et son retour n’a pas été seulement un événement, mais une confirmation que l’art de la lecture expressive continue d’inspirer, d’unir et de révéler de nouvelles facettes de mots familiers.