La féerie d’Alexandre Grine Les Voiles Écarlates n’est pas seulement une histoire d’amour et de rêve, mais aussi un livre-chiffre rempli de symboles. Chaque nom, chaque lieu, même la couleur des voiles, porte un sens caché. Grine semble nous avoir laissé un message : le rêve devient réalité lorsque nous créons nous-mêmes le miracle.
Les premières lectures publiques d’essai, consacrées au 145e anniversaire de la naissance d’Alexandre Grine, ont eu lieu dans le Salon littéraire et le Club des enfants.
Quatre femmes courageuses — nos lectrices fidèles, membres du salon littéraire, mères et une grand-mère — sont montées sur scène et ont lu des extraits des Voiles Écarlates. Quelques pages seulement, mais dans leurs voix ont revécu Assol, Grey, le vent marin, et l’envie de croire au miracle est née.
Et pour ceux qui considèrent les romans féminins comme une « lecture légère », rappelons-le : Les Voiles Écarlates respectent toutes les lois du genre. Il y a une jeune héroïne, une prophétie concernant un prince, des épreuves, et un dénouement digne du conte de Cendrillon. Mais la force de ce récit réside dans le fait que le conte de Grine ne nous entraîne pas dans l’illusion, mais nous ramène à l’idée principale : ce sont nous qui créons les miracles.

Pourquoi écarlates et non rouges ?
À l’origine, Grine avait intitulé le livre Voiles Rouges. Mais au début du XXe siècle, le rouge avait des connotations politiques trop évidentes. L’écarlate, en revanche, est tendre, pur, matinal. C’est la couleur du rêve, de l’espérance et du merveilleux. C’est elle que Grey choisit pour réaliser le conte d’Assol.
Assol — un prénom tourné vers le soleil
L’héroïne a reçu un prénom inhabituel, que les chercheurs relient à l’espagnol al sol — « vers le soleil ». Elle est comme une fée des bois : elle vit de rêves, croit aux contes et attend un miracle. Même la sonorité de son prénom est légère et musicale, semblable à l’écho d’un coquillage marin.
Egle — conteur et prophète
Le nom Egle évoque le latin ego — « je ». C’est comme la voix de l’auteur lui-même, son reflet dans le livre. C’est Egle qui prédit à Assol la rencontre avec le prince sur le navire aux voiles écarlates.
Longren — “long” et vert
Le père d’Assol porte un nom probablement issu de l’anglais long et d’une allusion au nom de famille de l’auteur, Green. Il reflète à la fois l’écrivain et sa haute silhouette réservée.
Arthur Grey — un prince sous l’apparence d’un capitaine
Arthur renvoie au légendaire roi Arthur, symbole de chevalerie et de force. Grey souligne les racines anglaises du héros et sa noble origine. En réalité, Grey est un véritable prince qui a choisi la voie du marin et du faiseur de miracles.

Lionel Grey — le lion de la lignée
Le père d’Arthur porte un prénom lié au français Léon — « lion ». En héraldique, le lion est un symbole de l’Angleterre. Cela souligne la majesté et la nature royale de la famille Grey.
Lilian Grey — le lys royal
Le prénom de la mère d’Arthur remonte au latin lilium — « lys ». Et le lys est le symbole des rois de France. Ainsi, les parents d’Arthur unissent en eux l’Angleterre et la France — deux traditions royales.
Kaperna — une ville symbole d’incrédulité
La ville où vivait Assol rappelle le Capharnaüm biblique. Dans l’Évangile, cette ville fut condamnée pour l’impiété de ses habitants. De même, dans le livre, les gens de Kaperna se moquent d’Assol et ne croient pas à son rêve.
Le navire Secret — un mystère devenu miracle
Au fil du récit, le navire d’Arthur Grey se transforme : de Secret il devient Voiles Écarlates. C’est une métaphore : le secret de l’âme devient visible quand naît le miracle.
Notre bibliothèque possède cette œuvre et d’autres du merveilleux écrivain russe Alexandre Grine. Venez, inscrivez-vous, lisez !



